Rechercher

Le sexe féminin, cet inconnu qui dérange


Autant vous le dire tout de suite, ma vie sexuelle est loin, TRES LOIN, d’avoir été un long fleuve tranquille. Ah je vais en avoir, des choses à vous raconter !

Et puis le sujet du rapport au corps, au genre, à la sexualité, me passionne depuis des années !

Mon premier essai de Drag King ;)


Je me suis lancée dans la sexualité à 14 ans. J’étais folle amoureuse et mon corps rêvait depuis des mois de découvrir les plaisirs sensuels dans l’intimité des corps. SAUF QUE.

SAUF QUE dans un climat de désinformation et de honte vis à vis de la sexualité, et en particulier la masturbation féminine, et bien je ne m’étais jamais explorée dans mon plaisir seule.

= J’avais autant de connaissances sur mon sexe que mon partenaire, c’est à dire, euh et bien, le néant.

Mon sexe, c’était un inconnu caché derrière un grand manteau de désinformation et de tabous.Extrait de mon ancien Blog


SAUF QUE n’ayant pas appris, dans mon contexte familial entre autres, à développer le toucher, les câlins, les caresses (pas nécessairement génitales ou érotiques), et bien j’étais dans une confusion totale entre mon envie d’affection et mon envie de sexualité (dommage, c’est pourtant bien différent).

= J’ai foncé vers la relation amoureuse et sexuelle pour répondre à mes besoins affectifs. Inconsciemment, j’ai agi comme si je devais troquer du sexe pour obtenir des caresses, de l’affection, de l’amour (même si j’avais aussi du désir sexuel).


SAUF QUE le seul truc qui était déjà rentré dans mon vagin c’était… et bien… rien du tout ! Je n’avais même jamais regardé mon sexe dans un miroir et n’avais donc aucune idée d’à quoi ressemblait ma vulve. D’ailleurs la première fois que je l’ai vue, j’ai presque eu peur et j’ai trouvé que c’était laid.

= Comment accueillir dans de bonnes conditions un pénis en érection, qui peut en plus sembler absolument gigantesque et effrayant la première fois qu’on le voit ?! J’étais bien incapable de guider quoi que ce soit, étant dans l’inconnu le plus total.


SAUF QUE j’étais très mal à l’aise avec mes sécrétions et mes odeurs. J’avais déjà entendu des expressions comme “puer de la chatte”, “ça sent la moule” et autres noms d’amour évocateurs sur le sujet. Le sexe féminin porte encore aujourd’hui de nombreux préjugés et tabous qui peuvent être très limitants pour s’épanouir dans son corps et dans sa sexualité, notamment dans la relation à l’autre.

J’ai fait une vidéo sur la Vulve, si tu souhaites explorer plus le sujet :


= J’étais mal à l’aise et inquiète de sentir mauvais et que des substances “dégoûtantes” sortent de mon sexe durant la sexualité. Un peu embêtant pour se détendre et prendre son pied n’est-ce pas ?


Bref, je me suis lancée dans la sexualité, bien entendu très rapidement avec pénétration, comme le veut la “norme” et bien entendu hétérosexuelle, puisque c’est également la “norme”. Bref. Je n’ai pas trouvé beaucoup de plaisir.

J’ai surtout trouvé de la douleur. Quelle déception. Cette douleur m’a suivie durant des années et je travaille encore dessus pour l’apaiser aujourd’hui.

Je peux maintenant mettre des mots sur mes douleurs : vaginisme et dyspareunies. Je traiterai ces sujets plus en détails dans d’autres articles et vidéos.


Petites définitions :

Vaginisme : les muscles du vagin se contractent involontairement, pouvant entraîner une fermeture à tout type de pénétration. La plupart du temps, c’est douloureux.

Dyspareunie : désigne l’ensemble des douleurs au niveau des organes génitaux internes et externes pouvant être ressenties pendant l’acte sexuel (ou parfois même à d’autres moments). Cela concerne donc aussi les douleurs vulvaires.


Bonne nouvelle, il y a des solutions !

En plus de mes outils déjà existants, je me forme petit à petit en sexologie, pour pouvoir encore mieux vous accompagner. Si vous avez un soucis dans le rapport à votre corps et dans votre sexualité, n’hésitez pas à me contacter pour en parler : https://www.aurielle.fr/book-online


Je clos cet article avec un dernier extrait de mon ancien blog, dans lequel je raconte ma première expérience (ratée) avec un tampon :

"Quand j’ai eu mes règles, la première fois que j’ai voulu mettre un tampon, c’était en colonie. Le problème, c’est que je n’avais aucune idée d’où se situait ce foutu vagin dont j’avais zappé l’existence jusqu’à ce jour.

C’était dans les années 2000, ère de l’évolution rapide, ère du progrès. Je crois que mon sexe, il devait halluciner total. Comment pouvait-on parler de progrès en continuant à nier son existence ? Lui, il brûlait de découvrir la vie. Depuis toutes ces années qu’il attendait !

Et voilà, enfin, je commençais à m’intéresser à lui. J’étais partie en quête de mon vagin. Qu’il a dû se réjouir, à ce moment-là ! « Vas-y, devait-il penser, tu vas voir de quoi je suis capable, tu vas adorer ! »

Sauf que moi, j’étais plus dans une quête pratique que sensuelle. Je cherchais ce fameux «trou» qui devait bien se trouver quelque part dans mon sexe flou.

Alors je me suis retrouvée, à 13 ans, culotte baissée, jambes écartées dans les toilettes des filles, un tampon à la main, à chercher fébrilement à tâtons le lieu maudit par lequel jaillissait mon sang, sang je devais absolument camoufler sous peine de me « taper la honte ».

J’ai appuyé un peu partout avec le tampon. J’ai même appuyé fort, et j’ai eu mal. Pauvre sexe avide de plaisirs, il a dû être bien déçu.

Bénéfice net, je me suis fait tellement mal que j’ai arrêté mes recherches.

Ce jour là, je connaissais si mal mon sexe que je n’ai même pas réussi à me mettre ce stupide tampon."